LOUIS DASSÉ

Louis DASSÉ (France, 1990) est plasticien. Il entretient une pratique protéiforme qui touche autant à la photographie, à la sculpture, au dessin, à la vidéo ou à la performance. Ses pièces sont faites de l’assemblage d’objets préexistants communs et banals, apparemment sans qualités plastiques particulières. Pour lui, les situations de vie sont aussi fertiles que les objets qui les agrémentent. Il modifie leurs échelles ou les change de contextes pour révéler leurs potentiels artistiques, ironiques et/ou critiques.

« J’aime à m’amuser et à ironiser sur nos façons d’être. L’humour a cette capacité de placer/replacer les choses à leur juste valeur. À mon sens le rire et l’humour sont les choses à prendre avec le plus de sérieux. Ils sont les points d’accès à un regard distancié, critique et pas moins juste sur le monde. Comme j’aime à le dire, je cherche à être sérieusement léger tout en étant légèrement sérieux. »

 

En quoi consiste votre (vos) projet(s) de résidence ?

L.D. : L’IIREST (Institut International de Recherche et d’Études de la Sensibilité des Territoires) est un organisme de diagnostics territoriaux dont l’ambition est de placer le sensible comme outil d’analyse. Il se donne comme objectif de comprendre le territoire à travers les mécaniques de la recherche artistique. En remplaçant les données quantitatives et qualitatives chères au domaine de l’analyse statistique, le sensible devient la principale matière à traiter. Il s’agit aussi de révéler le potentiel plastique des territoires par une approche multiscalaire passant par l’investigation, l’enquête et le diagnostic. L’IIREST privilégie l’expérience à son résultat en partant du postulat suivant : « Dans le pas de côté et le déplacement des choses aussi banales puissent-elles être, il est possible de fabriquer un mouvement qui amène l’inertie de la vie quotidienne à prendre place dans l’engrenage de l’expérience du sensible. »

 

Quelques mots sur votre expérience — effective ou rêvée — en tant qu’artiste en résidence.

L.D. : Le temps de la résidence comme moment d’immersion dans un contexte donné est un fertilisant pour l’expérience artistique. Au-delà d’une phase de découverte et d’observation, je considère l’immersion dans le cadre d’une recherche artistique comme une partie de ping-pong entre le contexte et l’artiste. De ces échanges naissent des formes et des réflexions qui sont en général le moteur de mes productions.

 

Louis Dassé est diplômée du DNSEP en 2018, à l’isdaT de Toulouse.
Cette résidence fait partie du dispositif Post-Production, soutenu par le ministère de la Culture et de la Communication, pour la professionnalisation de jeunes artistes. Développé ici en partenariat avec les écoles supérieures d’art de la région Occitanie : l’Esban de Nîmes, l’Esba-MoCo de Montpellier, l’isdaT de Toulouse et l’Ésa des Pyrénées — Pau Tarbes, la MAGCP permet à de jeunes diplômé·e·s de bénéficier d’une résidence de recherche de six semaines aux Maisons Daura. 
L’automne aux Maisons Daura / septembre – octobre 2020