CASSANDRE CECCHELLA

Cassandre CECCHELLA (France, 1990), est peintre. « C’est en regardant à travers le prisme du quotidien que j’ai appris à comprendre la peinture. À comprendre comment la construire, comment lui donner des couleurs… »
Ses peintures parlent de promenade, de rencontre, de traversée, de voyage. Elle peint dans une forme d’urgence à saisir ce qui l’entoure : des bords d’autoroute, des prélèvements de détails, des portraits de sa famille… Elle conçoit son travail comme une rencontre. Entre réalité et représentation, passé et présent, forme et fond, sujet et décor, figuratif et abstraction, l’artiste joue de la peinture et de ses supports, comme d’un corps et d’une matière.

 

En quoi consiste votre (vos) projet(s) de résidence ?

C.C. : Lors de ma résidence aux Maisons Daura, je souhaite travailler le portrait. Habituellement, je les réalise à partir de photo car il n’est pas toujours facile de trouver du temps en accord avec un modèle. Là, je me veux être disponible pour accueillir les gens, les rencontrer, les peindre… Apprendre à les connaître le temps de la peinture. Je les envisage assis, habillés… Ce qui amène une posture et une tenue qui leurs sont propres. Le décor a aussi son importance car je le veux intuitif, imaginaire et même prémonitoire, il se créera à partir des échanges qui auront lieu. Je veux les plonger dans leur souhait, dans ce qui les a toujours fait rêver. Telle une peinture prémonitoire, j’espère que celle-ci exaucera leurs vœux. Est ce qu’au même titre qu’une voyante, je peux avec ma peinture prévenir un avenir, changer un futur ? Habituellement attachée à des motifs encrés dans une réalité, je souhaite profiter de cette résidence pour laisser l’imagination et la discussion guider le pinceau. Cela ne changera pas le fait que mes peintures se voudront toujours figuratives.

 

Quelques mots sur votre expérience — effective ou rêvée — en tant qu’artiste en résidence.

C.C. : J’envisage la résidence comme un instant T dans un lieu à découvrir. La notion de découverte est importante. J’espère donc me défaire de ce que je connais, de ce que je pratique habituellement, pour oser aller là où il y a de l’inconnu. Je m’autorise ainsi le droit à l’erreur. La seule certitude c’est que je peins. Tout deviendra prétexte à la peinture. Dans cet instant T, il y a cette discussion que je peux avoir avec ma peinture, ce rendez-vous, ce voyage… Comme un couple d’amoureux, je veux sortir avec elle, manger, avec elle, dormir avec elle… l’endurer et la faire durer. Travaillant à côté dans mon quotidien, le temps pour peindre est parfois contraint. Grâce aux résidences, je m’autorise à retrouver la peinture et à n’être là que pour elle. Tout devient prétexte à la toucher, à la promener, à la regarder.

 

Cassandre Cecchella est diplômée du DNSEP en 2018, à l’Ésa des Pyrénées — Pau Tarbes. 
Cette résidence fait partie du dispositif Post-Production, soutenu par le ministère de la Culture et de la Communication, pour la professionnalisation de jeunes artistes. Développé ici en partenariat avec les écoles supérieures d’art de la région Occitanie : l’Esban de Nîmes, l’Esba-MoCo de Montpellier, l’isdaT de Toulouse et l’Ésa des Pyrénées — Pau Tarbes, la MAGCP permet à de jeunes diplômé·e·s de bénéficier d’une résidence de recherche de six semaines aux Maisons Daura. 
L’automne aux Maisons Daura / septembre – octobre 2020